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2018 – Demande d’extension du classement de la partie non classée du jardin Dewin déposée à la Direction des Monuments et Sites, sur base de faits nouveaux

L’intérêt du jardin d’origine réside dans sa superficie et sa composition globale, qui semble pourtant avoir été sous-estimée lors du classement de 2016. En 2015, la DMS n’avait pas retenu la proposition de la CRMS de classer l’entièreté du jardin d’origine, comprenant pourtant les tracés et l’alignement des arbres le long de la rue de la Mutualité. L’absence d’archive révélant le nom de l’architecte paysager, l’état sanitaire des arbres et la perte des tracés avaient été évoqués. Mais ces raisons étaient-elles suffisantes pour ne protéger qu’une partie du jardin qui semblait pourtant résulter d’une composition unitaire et étudiée ?


Le 12 novembre 2018, le Comité Meunier a déposé auprès de la DMS une demande d’extension du classement de la partie non classée du jardin Dewin, sise rue Meyerbeer 35, soutenue par plus de 330 personnes, sur base des faits nouveaux suivants :

  • Conception du jardin d’origine selon le rectangle d’Or et suites de Fibonacci
  • Attribution éventuelle du jardin à Dewin lui-même
  • Filiation du jardin avec l’école du Nouveau Jardin Pittoresque
  • Patrimoine en danger : urgence à protéger ce type de jardins considérant la perte déjà subie dans la Région de Bruxelles-Capitale

En observant les photos aériennes de 1935 (Bruciel), il est clair que le tracé initial du jardin se présente comme une composition originale se basant sur le Nombre d’Or et plus précisément du Rectangle d’Or – élaboré sur base des suites du mathématicien italien Fibonacci (v. 1175 - v.1250). Ce système a été de tout temps utilisé par les architectes paysagistes pour définir les proportions harmonieuses des jardins.

En effet, dans cette logique, les arbres à hautes tiges en périphérie forment le cadre du rectangle d’or et les tracés des chemins, la spirale. Pour compléter cette information, un relevé des mesures du jardin a été fait. L’étude des plans anciens montre également l’utilisation du Rectangle d’Or et des suites de Fibonacci dans la conception de la Villa. Mathématiquement, ces mesures attestent de la conception du jardin comme ensemble cohérent d'un seul tenant.

Par ailleurs, même si personne n’a, jusqu’à présent, retrouvé le nom de l’éventuel architecte paysagiste qui a collaboré à la conception paysagère de la villa de la rue Meyerbeer, cela ne doit pas être un argument pour écarter a priori l’idée que Dewin puisse en avoir été le concepteur. 

En effet, comme l’attestent d’autres plans de jardins assez précis de Dewin, il a bel et bien dessiné des jardins, et ce, dans cette optique d’art total qui était la sienne et qu'il partage avec d’autres architectes importants du début du XXe siècle comme Horta et van de Velde, ou encore Josef Hoffmann. 


De plus, la composition-même du jardin, avec son chemin de promenade bien dessiné n’est pas sans rappeler lui non plus le langage décoratif de Dewin et notamment ses fleurs stylisées, présentes dans de nombreuses frises et papiers peints, comme celles de sa maison personnelle du 151 Avenue Molière.

En comparant ces tracés avec d'autres jardins de l'époque, il ne fait aucun doute qu’on se trouve par ailleurs en présence d’un exemple d’art total, représentatif ou inspiré de l’école du Nouveau Jardin Pittoresque, association nationale pour le renouveau et la popularisation de l’art des jardins fondée en 1913 et dont une des figures-clés est l’architecte paysagiste Jules Buyssens.


Par ces recherches, le comité Meunier tente de rappeler que non seulement le patrimoine de Jean-Baptiste Dewin est fragile (de nombreux immeubles et jardins conçus par l'architecte ont été modifiés ou détruits) et que les jardins sont souvent le parent pauvre de la conservation du patrimoine. Par conséquent, en faisant un relevé de jardins conçus dans l’entre-deux guerres, amputés ou disparus aujourd’hui, - dont plusieurs de Dewin, il demande aux autorités que le jardin de la villa  soit préservé dans sa totalité non seulement comme témoin de son œuvre encore trop méconnue, mais aussi comme élément du patrimoine historique paysager bruxellois. 


Il rappelle aussi que toute construction envisagée sur la parcelle le long de la rue de la Mutualité - dans la partie non classée du jardin- réduirait à néant la valeur patrimoniale de cet ensemble.